" Un être humain? Un simple mortel?" a demandé la matriarche.
Elle ne voulait rien savoir, il n'était pas comme eux, pas du même "sang", pas du même monde, alors aucunes célébration ne liera sa petite fille avec un simple "sang rouge".
_"Mais grand-mère! Je l'aime tellement. Une éternité sans lui ne ressemblerait à rien, avoua l'adolescente.
_ Chérie, cet homme n'est pas pour toi. Tu te contredit toute seule, tu as toute l'éternitée, lui, il n'a que le temps de sa pauvre et misérable vie. Je t'interdit de le revoir, de lui parler et même de parler de lui.
_ Mère! Je vous en prie, supplia-t-elle, en regardant sa mère qui n'avait pas bougé de son fauteuil en cuir noir.
_ Tu sais qu'elle a raison. Nous ne sommes pas du même monde, déclara-t-elle avec assurance.
__ Les larmes avaient perlées sur son visage, elle pleurait pour lui, Matéo, avec qui elle avait vécu tant de moments. Elle s'était enfuie pour être seule, pour se laisser aller.
Devant la mer bleue, assise sur ce sable bien jaune, elle se sentait intrus, dénudée de toutes couleurs, trop pâle. Elle n' a jamais remis en cause sa situation.Depuis le jour où Armand a effectué sa transformation, il y a aujourd'hui plus d'un siècle, elle ne lui en a jamais voulus. Elle n'a jamais désiré redevenir humaine. Elle se souvenait de tout, se rememorait chaque détail. Sa main si froide caressant son doux visage, son odeur si particulière, ses yeux si perçants. Tous ses petits détails, elle s'en rappelaient. Elle se souvenait de ses dents finement aiguisées au contact de son cou. Puis le venin, ce liquide qui coulait entre ses veines, paralisait ses organes et glaçait son sang, elle en connait que trop le goût.
__ C'était il y a 95 ans, elle venait de fêter ses 17 ans au cinema avec des amies. Il était onze heure du soir, l'heure pour elle de rentrer chez ses parents. C'est en contournant la grande rue parisienne qu'elle le vit. Elle venait d'emmenager dans ce pays de "bouffeurs d'escargots" -comme elle les appellaient-, trois mois auparavant Charline Klyne habitait la plus grande avenue de Manhattan, la magnifique 5° . Aimant rencontrer de nouvelles personnes, elle décida donc, de lui parler.
Elle commença par se présenter puis il fit de même, il s'appelait Armand, jeune français de haute sociétée. Il attendait ses amis, elle lui proposa d'attendre avec lui. Au bout de quelques instants, elle le suivit dans une ruelle un peu plus sombre. Il caressa sa joue du bouts de ses doigts froids, elle frémit durant ces quelques instants de contact. Il lui souriait dévoilant ses longues dents blanches. Il lui fit basculer la tête du côté gauche et descendit sa main de sa joue jusqu'à son cou. Il posa sa seconde main sur le dessus de sa poitrine droite pour y sentir les battements de son coeur. Il élargit son sourire constatant que le coeur de la jeune fille avait brusquement accéléré. Elle était paralisée de terreur, les yeux d'Armand étaient sombres, d'un rouge extrêmement sombre. Elle voulait tellement s'enfuir mais ses jambes ne répondirent pas. Ce fut alors a ce moment qu'Armand commençât à la mordre, il souriait, fièr de sa prise si aléchante. Malheureusement, des jeunes gens arrivèrent dans l'allée. En une fraction de seconde, tout pouvait basculer pour eux. Armand, eu deux choix, le premier, continuer son repas comme si de rien n'était puis il passerait aux autres, le second, partir laissant sa proie sur le bord de cette route. Il choisit la seconde, en repensant à cette soirée, Charline fut soulagée de cette solution, il avait épargné quelques jeunes. Malgré la solution d' Armand, la fillette n'était pas sauvée. Il avait eu le temps de la mordre et d'empoisonner son sang. La douleur faisait rage, son coeur s'accélérrait, ralentissait puis s'arrétait, son sang vira au bleu, la chaleur de sa peau s'évacua. Elle sentait la fin de sa vie si proche. Elle ne se doutait en aucun cas de ce qui se passait dans son corps. Voilà une heure que son coeur ne battait plus, elle ne comprend pas pour quoi sa vie ne s'était pas achevée ...
__ Aujourd'hui, elle aurait aimé mourir à ce moment, elle lui en veut de ne pas avoir achevé sa tâche. N'était-elle donc pas assez apétissante? N'en valait-elle donc pas la peine ?
__ Matéo avait changé la vie de cette jeune adolescente, tout d'abord attiré par sa surprenante beauté et sa solitude, puis attiré par sa manière de penser. Elle avait tant de fois essayer de l'éviter, mais il était tellement attiré qu'elle ne put y resister. Matéo était doux, tendre et chaleureux. Ces yeux noisettes procurait la protection que recherchait Charline. Elle ne lui avait avoué son secret qu'au bout de trois semaines. Il l'avait tellement questionnée pour tout connaitre d'elle qu'il lui était impossible de cacher sa vrai nature.
"_ Tu risques de partir. Mais je t'aime tellement qu'il faut que tu le saches. Je suis née en 1896 et j'ai 112 ans.
_ Tu fais très jeune, ricana-t-il
_ Il y a 95 ans, j'avais 17 ans, on m'a transformée.
_ transformée? demanda-t-il quelque peu surpris.
_ Matéo, je ne suis pas comme toi. Je suis un être maléfique. Je suis dangeureuse pour toi. Tu devrais t'éloigner.
_ Laisse-moi décider de ce qui est bon pour moi.
_ Je suis un vampire!
_ Un vampire? demanda-t-il interloqué.
_ Oui. Je bois du sang.
_ Tu bois du sang, répéta-t-il.
_ Je te fais peur?
_ Non, assura-t-il. Je sors avec un vampire!
_ Apparement.
_ Est-ce que tu compte te servir de moi comme dîner? plaisanta-t-il.
_ Je ne trouve pas ça drôle marmonna la jeune fille.
_ Alors récapitulons, j'ai une petite amie vampire.
_ Oui.
_ Une petite amie qui boit du sang.
_ Oui, mais pas ceux des humains.
_ Donc ma petite amie est un gentil vampire, s'amusa Matéo.
_ Tout-à-fait ajouta-t-elle.
_ Une petite amie qui dors dans un cercueil, continua-t-il.
_ Non, j'ai peur du noir, en plus je suis claustrophobe.
_ ce n'est commode pour un vampire d'avoir peur du noir!
_ Chacun ses peurs! protesta Charline.
_ Ma jolie petite amie est un gentil vampire, qui boit du sang. Mais qui ne dors pas dans un cercueil parce qu'elle a peur du noir et qu'elle est claustrophobe. Est-ce que le soleil a de graves conséquences sur ta peau?
_ non. Pas le moindre danger pour moi. Je ne bronze pas et je ne bronzerai jamais, c'est tout."
__ Il avait tellement bien réagit qu'elle parut quelque peu surprisz, se demandant s'il était vraiment conscient de ce qu'elle vanait de lui annoncer.
__ Tout ses souvenirs lui prcurait une sensation de bien être malgré l'absence de Matéo. Rien que ses souvenirs lui redonnait le sourire. Peut-être que Grand-Ma' avait raison. Il serait plus prudent pour Matéo qu'elle le quitte, qu'il ne la revoit jamais. Elle venait de prendre une très grande descision qui allait bouleversé toute sa vie. Elle repartit sur le chemin de la maison, cherchant les mot pour convaincre sa famille. Ce qui n'allait pas être très difficile -Matéo, serait le sujet qui déclancherait le départ de la famille Klyne. Ses arguments tout préparés, elle entra avec assurance dans le burau de la Mary Klyne -la matriarche.
"_Grand-mère, j'ai réfléchi. Vous vouliez que j'oublie Matéo alors je vous demande une faveur. Quittons les lieux au plus vite. Chaque androit de cette ville me rappelle qu'il est ici, près de moi. Que je peux aller le voir, le toucher, le sentir. Je vous demande donc d'emmenager à San Fransisco.
Elle regardardait sa grand-mère droit dans les yeux. Refoulant les larmes qui voulaient sortir au grand jour.
_ Je vois que tu as pris ta décision, annoça Mary d'une voix plate. Prépare tes valises, nous partons demain.
_ Demain? demanda la petite dille.
_ Demain, répéta la matriarche.
__ Sur ce l'adolescente partit au second, dans sa chambre, pour y préparer ses valises. Elle sortit
de son immense armoir, un grand sac rectangulaire recouvert de poussière. Elle l'ouvrit et l'époussetta. Elle prit quelques vêtements qu'elle rangea soigneusement dans sa valise. Elle posa son bagage dans un coin de sa chambre avant de retrouver son bureau où l'attendait une feuille et un crayon. Elle entreprit d'écrire quelques lignes au garçon qu'elle allait quitter.